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Long-Métrage

L'HOMME DE PÂQUES

2004
Thomas Lavachery
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Affiche — L'HOMME DE PÂQUES
Synopsis
Synopsis

1934. Une expédition franco-belge, dont faisait partie le grand-père du réalisateur, Henri Lavachery, met le cap vers l’Île de Pâques afin de percer le mystères de ses statues énigmatiques. Très vite, les scientifiques entrent en conflit. Certains pestent contre les indigènes, accusés d’avoir détruit un patrimoine inestimable, tandis que Henri Lavachery se lie d’amitié avec les Pascuans. En plongeant dans un fond d’archives exceptionnel, composé de photographies et d’images filmées, T.Lavachery nous montre la fascination qu’ont exercé de tous temps les silencieux géants de pierre.
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"En 1934, une expédition franco-belge se rend sur l'île de Pâques pour tenter d'élucider le mystère de ses fameuses statues. Ses membres, le Belge Henri Lavachery (en fait le grand-père du réalisateur) et le Suisse Alfred Métraux, défendent des hypothèses différentes au sujet de ces statues : pour Lavachery, muséologue passionné par les arts primitifs, il s'agirait de vestiges d'une civilisation évoluée ayant disparu... Pour Métraux, anthropologue renommé au scepticisme de scientifique, ce serait les Pascuans qui les auraient érigées... L'hypothèse de Lavachery, bien que plus séduisante pour l'inconscient collectif, se révélera très vite dénuée de toute plausibilité. Peu lui importe cette erreur de jugement : le plus important, c'est de frayer avec la population indigène, alors que Métraux, lui, reste plongé dans ses notes, pestant contre ces sauvages qu'il accuse d'avoir saboté un patrimoine archéologique inestimable. Lavachery, d'une humeur plus liante, deviendra rapidement l'ami des Pascuans, le « cabalero bueno » aux bras pleins de présents, et même l'amant inavoué de Victoria, la seule survivante d'une longue descendance royale, « l'incarnation de la beauté ancienne de l'île ». C'est sur ce canevas dramatique que le film de Thomas Lavachery émeut le plus : en usant des méthodes d'écriture scénaristique en général réservées aux fictions romanesques, le réalisateur réussit à nous émouvoir, alors qu'au départ il s'agit d'un documentaire sur une expédition scientifique. Le film prend dès lors une tournure inattendue, avec l'épisode de la fille de Victoria, Ana, que Lavachery désire emmener en Belgique... Le film, d'ailleurs, s'ouvre sur les images d'une jeune fille courant dans les herbes folles de l'île de Pâques, avec en fond musical des violons larmoyants : « bien plus qu'une anecdote scientifique, il s'agit d'une aventure humaine », souligne le cinéaste. De cette aventure exceptionnelle, on retiendra donc plus l'aspect narratif de la relation trouble qui unit Lavachery au couple Ana/Victoria que les explications savantes d'un Métraux dépeint comme un triste sire obnubilé par ses hypothèses sur les ahus, les statues et les pétroglyphes... L'histoire de ces deux hommes que tout oppose, si ce n'est leur passion pour une civilisation coupée du monde et nimbée d'un voile de mystère, n'aurait pas pu se faire sans un important travail de reconstitution : dans ce sens aussi, « L'homme de Pâques » s'avère une belle réussite. Thomas Lavachery a bénéficié d'un fonds d'archives extraordinaire : photos prises par l'expédition, et surtout ces images filmées par John Fernhout, le cameraman attitré de Joris Ivens. Pour l'anecdote, c'est Henri Storck qui devait y aller, mais son emploi du temps l'en empêcha... « L'homme de Pâques » peut donc se lire aussi comme un hommage au plus grand de nos documentaristes, lui qui à l'époque s'était déjà rendu sur l'île... Ode à l'amour et au respect de l'Autre, grand documentaire dans la tradition storckienne, film scientifique au rôle éducatif et historique : pour tout cela L'homme de Pâques est une oeuvre qu'il faut voir, singulière et riche en enseignements."

- Grégory Escouflaire pour Cinergie.be

Synopsis · EN

1934. A Franco-Belgian expedition, which included the director’s grandfather, Henri Lavachery, sets course for Easter Island to unravel the mysteries of its enigmatic statues. Soon, conflicts arise among the scientists. Some blame the islanders for destroying invaluable heritage, while Henri Lavachery befriends the Pascuans. Drawing on an exceptional archive of photographs and film footage, T. Lavachery reveals the timeless fascination exerted by these silent stone giants.
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"In 1934, a Franco-Belgian expedition travelled to Easter Island in an attempt to unravel the mystery of its famous statues. Its members, the Belgian Henri Lavachery (in fact the director’s grandfather) and the Swiss Alfred Métraux, put forward different theories regarding these statues: for Lavachery, a museologist with a passion for primitive arts, they were the remains of an advanced civilisation that had vanished... For Métraux, a renowned anthropologist with a scientist’s scepticism, it was the Pascuans who had erected them... Lavachery’s hypothesis, though more appealing to the collective unconscious, would very quickly prove to be utterly implausible. He pays little heed to this error of judgement: the most important thing is to mingle with the indigenous population, whilst Métraux, for his part, remains buried in his notes, railing against these savages whom he accuses of having sabotaged an invaluable archaeological heritage. Lavachery, with his more affable nature, quickly becomes the Pascuans’ friend, the ‘cabalero bueno’ with arms full of gifts, and even the secret lover of Victoria, the sole survivor of a long line of royalty, ‘the embodiment of the island’s ancient beauty’. It is against this dramatic backdrop that Thomas Lavachery’s film is most moving: by employing screenwriting techniques usually reserved for fictional narratives, the director succeeds in moving us, even though it is, at its core, a documentary about a scientific expedition. The film then takes an unexpected turn, with the episode involving Victoria’s daughter, Ana, whom Lavachery wants to take to Belgium... The film, incidentally, opens with images of a young girl running through the wild grasses of Easter Island, accompanied by the mournful strains of violins: “far more than a scientific anecdote, this is a human adventure,” emphasises the filmmaker. What we will remember most about this extraordinary adventure is therefore the narrative aspect of the troubled relationship between Lavachery and the couple Ana and Victoria, rather than the scholarly explanations of Métraux, portrayed as a sad figure obsessed with his hypotheses about the ahus, the statues and the petroglyphs... The story of these two men, who are polar opposites in every respect except for their passion for a civilisation cut off from the world and shrouded in mystery, could not have been told without extensive reconstruction work: in this sense too, “The Man from Easter Island” proves to be a great success. Thomas Lavachery had access to an extraordinary archive: photos taken by the expedition, and above all the footage shot by John Fernhout, Joris Ivens’s regular cameraman. As an aside, it was Henri Storck who was supposed to go, but his schedule prevented him from doing so... ‘The Easter Man’ can therefore also be seen as a tribute to the greatest of our documentary filmmakers, who had already visited the island at the time... An ode to love and respect for others, a magnificent documentary in the Storck tradition, and a scientific film with an educational and historical purpose: for all these reasons, *L'homme de Pâques* is a must-see film, both unique and rich in insights.’

- Grégory Escouflaire for Cinergie.be

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